Faites-le, petitement

Comme beaucoup d’artistes et de créateurs en tout genre, je ne suis pas très fort pour « vendre » mon travail, pour le mettre en valeur de manière général, et ce n’est pas avec ça que je paye mes factures…
Comme beaucoup d’autres, j’ai des tas de projets qui n’ont pas vu le jour dans mes cartons, même si il y a un auquel je travaille depuis quelques mois et que je compte bien m’accrocher pour finir
Comme beaucoup d’autres, je suis complètement inconnu…

Par ailleurs, en plus des licences libres, qui donne le droit de copier ce qui est conçu pour être copié (le numérique), je suis adepte du prix libre en tant que lecteur ou spectateur, parce que je crois qu’il faut rémunérer les créateurs pour qu’ils puissent continuer leur travail et parce que je crois aussi que la culture devrait être accessible à toutes les bourses, bien avant que l’auteur soit mort depuis 70 ans (n’est-ce pas ayants-droits d’Anne Franck) ! Le prix libre me semble donc le meilleur compromis aujourd’hui, particulièrement pour la vente sur Internet. De plus je suis mal à l’aise en tant que créateur avec le don et le mécénat, parce que je considère que faire l’aumône et jouer à l’artiste maudit est la meilleur manière de se dévaloriser.

Je travaille donc depuis janvier sur ce projet de BD, et ça me prend beaucoup de temps et d’énergie. Forcement, je me pose des questions, je me demande si je vais aller au bout, moralement et financièrement…

Cet été, pourtant, à force de recherches et de veille, j’ai découvert deux choses qui ont été pour moi comme un déclic :
– La première est un petit livre de Gwenn Seemel, “Art Marketing”
– La deuxième a été la découverte du service de paiement en ligne Gumroad qui est le seul de ma connaissance à permettre le paiement à prix libre à un tarif accessible, et en particulier d’un petit programme qu’ils proposent à tous leurs vendeurs et créateurs : le Small Product Lab (littéralement, en anglais, le labo des petits produits).

Est-ce un hasard si Gwenn Seemel et Gumroad sont américains ? Probablement pas, le marketing est bien plus répandu dans leur culture, pour le meilleur et pour le pire !
Mais en tout cas, les deux m’ont appris de belles leçons…

Être « artiste », ce n’est pas être talentueux, inspiré par les dieux, au-dessus de la masse… c’est simplement travailler tous les jours à ses projets, se former, s’entraîner pour améliorer son trait, se documenter… Il y a toujours 95% de sueur et 5% de talent dans une œuvre. Exceptionnellement, peut-être 6% de génie. Et le plus dur est de s’accrocher, de se donner les moyens.

Gwenn Seemel m’a appris qu’il me fallait un paywall, et que vendre ses œuvres, c’est simplement accepter de dialoguer avec les gens qui s’intéresse à ce que vous faites.

En plus de tonnes de conseils pratiques qui aident incroyablement, le Small Product Lab m’a appris qu’en 10 jours, on peut sortir un petit projet, en faire un petit produit, en être fier, et rencontrer un tout petit public, qui grandira peut-être si on continue à travailler, mais surtout qu’il ne faut pas attendre que ça soit parfait, viser peu, petit, progressivement, pas à pas, et que c’est possible, mais seulement comme ça.
Je crois que si je continue ce métier, et je compte bien le faire, ce sera les leçons les plus précieuses que l’on m’aura transmises en tant que créateur, tout simplement parce qu’elles me permettront de vivre de ce que j’aime de façon soutenable !

Et voilà donc le résultat, une petite BD de 8 pages sur un sujet qui me tient à cœur

…qui m’a permis de rencontrer des gens du monde entier lors du Lab, tous avec de beaux projets, et aussi de rencontrer mes premiers lecteurs… grâce auquel je me sent aujourd’hui un tout petit peu « reconnu », et ça motive bien !

Merci Gwenn, si tu permet que je t’appelle par ton prénom, merci à toute l’équipe de Gumroad et merci chers premiers lecteurs !

2 pensées sur “Faites-le, petitement

  1. Merci Camille,
    C’est d’une grande lucidité que je partage. Quelque soit le support de créativité, même l’artisanat ou encore la petite entreprise vivent ce complexe de la vente qui dépasse le savoir-faire.
    La pugnacité, les petites avancées, les réussites et les échecs sont les jalons d’une vie d’indépendance. Le corollaire c’est bien sûr un niveau de rémunération souvent faible, mais est-ce pou cela que nous vivons ?

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